Interview Keolis : Une oeuvre urbaine pour tous

31 octobre 2013 par Emmanuel

Keolis, dans le cadre de sa communication « Un tram sur son 31″, à interviewé Régine Charvet- Pello, architecte d’intérieur et designer, fondatrice de l’agence RCP Design Global

Quel était le cahier des charges de la Ville de Tours pour le tramway qui a été inauguré le 31 août 2013 ?
En demandant à des designers de développer une identité globale pour cette première ligne de tramway en préalable à toute étude, la Ville de Tours est allée à contre-courant des pratiques habituelles et a eu raison ! Au sein de l’agence RCP Design Global, notre première mission a donc été de mettre au point un livre blanc nourri de cette idée, où chaque intervenant du projet concepteur (architectes, urbanistes, fournisseurs de matériel etc.) pourrait aller puiser afin d‘aboutir à un ensemble harmonieux. Forte de mes expériences passées, j’ai choisi de ne pas le faire seule mais en créant un collectif créatif, « ensemble(s) la ligne », composé de professionnels exceptionnels (sculpteur, musicien, géographes, etc.) à la fois français et reconnus internationalement pour travailler une image à la fois locale et à rayonnement plus globale de la ville.

Quels sont les éléments phares du design extérieur ?
Au-delà des pré requis – un tramway doit bien sûr être fiable, confortable, contemporain, esthétique, etc.- je voulais que le tramway de Tours, ma ville, ait quelque chose de plus. C’était également la volonté des élus : le sénateur maire de Tours souhaitait une oeuvre « qui donne du plaisir et donne à réfléchir». Nous avons donc adopté une approche plus culturelle et décidé de faire du tramway le « 4e paysage de la ville », après les trois premiers que sont la Loire, les jardins et le patrimoine bâti ; un paysage qui aurait la couleur de tous les autres, qui rappellerait la surface du fleuve de l’eau et reflèterait la ville. Pour donner corps à cette ambition poétique, le matériel roulant a été recouvert d’une livrée miroir. Les portes des voitures sont par ailleurs habillées entourées des célèbres rayures de l’artiste Daniel Buren, rayures qui coïncident avec celles qui marquent le sol des quais. Cette œuvre urbaine s’étend même ailleurs dans la ville, et investit gares, places, parc relais, etc.

Et en ce qui concerne l’intérieur des rames ?
Elles ont été pensées comme des places publiques. Nous n’y sommes pas installés comme dans un véhicule classique, nous souhaitions valoriser les nous adapter aux usages d’aujourd’hui. Il y a le voyageur trouvera des îlots pour écrire ou bavarder, des bancs-canapés … Chaque matière a été choisie pour une meilleure perception sensorielle et pour créer des contrastes : le côté quai du tramway est « rouge soie » et glossy, en hommage aux soyeux de Tours* ; l’autre côté est quant à lui dominé par le bois clair et mat. Des surprises ont aussi été aménagées pour le voyageur : les éclairages varient au fil des saisons pour améliorer la perception du confort thermique, une soprano chantonne un air différent à chaque changement de quartier, des bourgeons de métal poussent au creux des barres de maintien…

* Communauté de tisseurs tourangeaux au XVe siècle

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